Celle Que Vous Croyez Film Streaming VF

Celle que vous croyez (2019)

Pour épier son amant Ludo, Claire Millaud, 50 ans, crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, est immédiatement séduit. Claire, prisonnière de son avatar, tombe éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent.
Date de sortie : 2019-02-27
Genres : Drame
Durée : 101 minutes
Par : Diaphana Films
Acteurs: Juliette Binoche, Claude Perron, Charles Berling, Jules Houplain, François Civil, Nicole Garcia

 

 


 

Bande d’annonce :Celle que vous croyez

Lire que vous croyez, par David Léon

 

 

Je porte la joie du livre en moi.

Rares sont les livres si réjouissants, qui enissent cette trace en soi, cette énergie jubilatoire.

Il y a du Lol V. Stein dans Celle que vous croyez.

Lacan l’aurait reconnu, l’échappée belle, les champs de seigle ou de jonquilles, mais là, démultipliés.

Le chat de Chris, l’amant du livre, s’appelle Pa-pa. C’est à mourir-de-rire.

«Il adorait Papa, discute avec son fils». Écrit Camille Laurens.

Il y a du jeu dans le livre, un vent de liberté. Et de l’enquête. Et du polar.

Il y a des morts aussi, il n’y a pas d’attendre.

Des suicidés (es). Ou dans le réel ou par profil Facebook, déconnectés (es).

Camille Laurens écrit que «le réel, c’est ce qui ne change jamais, ce n’est jamais rien».

On ne sait qui meurt dans Celle que vous croyez.

Qui du réel. Qui du fantasme. Entremêlé. Claire ou Camille.

Il faut faire l’expérience réelle, ce qui n’a pas été pris, dans le temps réel de l’analyse, étendu sur le divan, pour éprouver la force des phrases, l ‘impact d’une parole vraie; quand on s’approche de la vérité, au bord du gouffre, au bout des lèvres, à se délivrer et à s’énoncer.

C’est une question de tonalité. Et d’un silence, perçue.

J’éclate de rire à la lecture, quand Camille-Claire parle de l’écriture comme d’un possible «rapport sexuel».

«J’aurais tout raconté sur notre sexualité, j’aurais littéralement fait un rapport sexuel», dit-elle à Louis, son éditeur, qui n’est rien de moins qu’un petit autre mais qui a perdu son sens personnage de Marc, qui joue le rôle de l’analyste.

Faux pères, faux analystes.

 

 

Je ris de la phrase qui perce la page, littéralement. Et m’éblouit.

Le rapport en italien dans le livre, (à ne pas louper).

Camille Laurens délivre les paroles dans Celle que tu croyez.

Délivre le livre de ses discours, qui n’apparaissent jamais, que déplacés, et pour autant, jamais brouillés, (mais restent, inconsolés).

Car tout le livre résonné dans l’après-coup, comme un fameux rapport sexuel jusqu’à ces lignes qui étaient en ordre au masculin; Qui tordent the coup or brise l’échine (The Claire of Camille, or well is-ce Claire?) (Qui fait la tête? Qui fait l’homme?)

Camille Laurens fait dire: «On aurait pas besoin de choisir quel rôle tenir dans la division conventionnelle des genres, celui de l’homme ou celui de la femme. »

Le miroir n’est pas brisé.

Il était multiplié dans la véracité des phrases, dans leur pudeur, dans leur amour.

Coquines, sensuelles, ou démolies.

Le «Va mourir» inaugural, formant le centre, ou l’é-pi-centre, le cœur du typhon qui aspire Claire (ou est-ce Camille? Ou Camille-Claire?)

Alain Françon parle de l’écriture démocratique, à propos de l’œuvre d’Anton Tchekhov.

Je retrouvais l’équivalent de ces phrases dans une tribune du Monde après les attentats du 13 novembre: «que l’écriture c’était surtout l’espace démocratique de la parole», disait Laurent Mauvignier.

Les différences, les couches sociales disparaissent, se retrouvent, forment un chœur ou serait-ce un corps? au sein du livre.

Camille Laurens écrit: «C’était quoi, l’amour? C’est quoi, sinon l’envie de retrouver toujours un certain corps, et le récit qu’on est en fait? »

Claire ou Camille sont dans le corps des femmes, dans le corps des femmes.

Ce n’estest plus social. Pas de hiérarchie. Il n’esty en a plus. Dans le désir. Et dans l’amour. Dans la folie.

Déclinaisons de l’inceste primordial, sous tous ses prisons, toutes ses parures. Tous ces attraits, tous ses miroirs, tous ces mensonges. Ses entourloupes. Dans le fantasme comme dans le réel, qui ne change jamais.

La jalousie primale, fondamentale. Originaire et structurelle. Originale. Et archaïque.

L’inceste. La Jalousie.

 

 

«La Jalousie, c’est de l’amour», écrit Camille, peut-être Claire, jusqu’à changer, donne plutôt, jusqu’à «braquer» les projecteurs, (trop intrusif sans doute, «discours de chasse» (Camille ou Camille-Claire, discours du viol); jusqu’à nous éclairer à la bougie, à la lanterne, est-ce une lampe-torche? sur les enjeux et les mobiles qui sont mis en jeu, jetés sur table.
L’homme cherche à retrouver sa propre fille, non plus sa mère: »Pas peur de coucher avec leur fille? Pourquoi cette caste supérieure des hommes? «, Écrit Camille, mais c’était Claire.
Œdipe convoite fils Antigone ou son Ismène.
Rien de moins banal. Rien de plus tu.
La couche sociale réitère »ça», en fait sa lie, son bain de minuit, en somme, sa jalousie.
This is is as a sound and son essor, il est toujours un philtre, philtre d’amour, the spectre in a old.
Les projecteurs braqués encore dans l’énergie, ou du fantasme, ou du réel.
Lacan disait, je me crois souvenir, qu’il reste trois et jamais deux, dans le ressort des draps de l’amour.
Camille Laurens explique: «On a gardé la preuve, c’est tout. »
Et dans la langue de l’écriture, sensuelle, sexuelle, jamais obscène. Jamais hors champs, toujours dedans. Sur écrira jamais que de l’intérieur.
Michel, un résident de la clinique Claire-Camille écrit, nous avons la clef finale «La buée que forment nos bouches».
C’est un baiser.
Cadeau du livre.
Surmoi de l’amour.
Un amour vrai, enfin livré.

 

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